
Depuis début septembre, congé mat' oblige, je regarde quasi quotidiennement les Maternelles. J'avais bien accroché lors du premier congé mat', mais là, avec Daphné Burki, c'est le pompom on ze tricot.
J'avais particulièrement accroché à la rubrique des "Portraits de Pères" présentée par Thomas Chauvineau, LE représentant masculin de l'émission. A tel point, que j'ai supplié l'Homme d'y participer. Il m'a vaguement rien répondu. Comme "qui ne dit mot, consent", j'ai envoyé un maaaagnifique mail disant que c'était le plus beau du monde, et le plusse fort des papas et qu'il fallait absolument montrer ce mec génial. Sauf qu'après réponse et échange, puis visionnage de quelques portraits par l'intéressé, il a finalement expliqué qu'il voyait pas ce qu'il aurait à dire alors hein bon. Frustration.
Puis, une nuit de looongue insomnie, je surfe sur le site des Maternelles et découvre un appel à témoignage sur le périnée. Vous pensez, j'ai sauté dessus (en contractant mon périnée pour éviter la poussée d'effort), et j'ai écrit un mail hyper long dont je ne me souviens guère. Je crois qu'à un moment donné je les ai suppliés de m'inviter parce qu'il fallait que je vienne en parler parce que mes vrais amis de la vrais vie ne voudraient bientôt plus m'inviter à leurs dîners (parait que le sujet de la descente d'organes n'est pas socialement admis à table).
Croyez-le, croyez-le pas, le lendemain-illico-presto, une gentille journaliste, Jeanne, me rappelait.
Et donc hier, j'ai enregistré l'émission. Enfin, j'ai passé la journée dans un état second, mi-hystérique, mi-hébétée, et au milieu, j'ai un peu parlé sur un plateau tévé. Je vous raconte.
13h : J'ai passé la matinée à étaler mes questionnements vestimentaires sur FB, j'ai réuni un conseil de copines pour choisir ze tenue sur photos, j'ai mis du vinaigre dans l'eau des pâtes au lieu de l'huile, tout-va-bien. L'Homme est arrivé pour prendre le relais et garder Entropie (trop heureux d'éviter le passage devant une caméra, il a pris un RTT pour garder sa fille). Je file.
14h15 : Je suis en avance sur l'horaire. Je vois Nadia Daam devant l'entrée qui fume une clope, je regrette de ne pas fumer. Devant mon air concentré (j'essaye toujours de ne pas montrer que je reconnais quelqu'un qui ne m'a jamais vue, je pense que ça doit être hyper soulant d'avoir des inconnus qui te checkent dès qu'ils te croisent sans comprendre que toi, non, tu les as jamais vus), elle me dit amusée "Oui c'est bien là".
Je glousse "ah bah oui, hein, je me doutais, vu que vous êtes là, hu hu hu, grmmmlmlml".
OK tout va bien, tais toi et respire.
Je dis que je suis en avance, désolée. On me fait signer un papier au sujet des droits de diffusion partout dans l'univers et de façon illimitée dans le temps. Au moment d'écrire "lu et approuvé", je manque d'ajouter "jusque l'infini et au-dela" tellement le droits sont hyper larges (ça parle quand même de "tous les supports connus et inconnus à ce jour").
Puis hop, Jeanne la gentille journaliste m'amène dans les loges.
14h30 : Attends je le redis. Je vais
dans les loges. Hu hu hu.
En plus, ça ressemble aux loges comme dans les films, avec des ampoules tout autour du miroir. Hu hu hu.
Le maquilleur me met à l'aise. Je lui dis que je suis en avance désolée. Me dit qu'il aime la couleur de mon haut, que ça l'inspire. Je crains un instant de me retrouver avec du vert émeraude sur les paupières, comme ma caissière chez Monop', mais je dis rien.
Il me demande ce que je souhaite. Sobrement : "ne plus avoir de cernes et avoir l'air fraiche et reposée". Bref, je lui demande un peu de faire ressembler Nicole Kidman à Hale Berry, mais il a l'air de trouver ça facile.
Moi - Ah et vous allez avoir du travail au niveau du teint, je crois
Lui - Ah mais non ! vous avez un beau teint !
Moi :
(ouais, c'est ça, avec mes spots-merci-le-retour-de-couches-mère-nature-la-truie*) ah bon, vous trouvez ? Hu hu hu ! c'est gentil.
Lui : Oui, vous êtes lumineuse.
Moi :
(ben ouais, forcément avec mes spots) Hu hu hu ! Merci !
Pendant ce temps, Nathalie Lebreton qui fait des allers retours vers le plateau pour vérifier si son chemisier à rayures passe à l'écran (en fait non). Hu hu hu. Et Daphné Burki glousse dans la pièce d'à coté. Elle a l'air encore plus folle qu'à l'écran. Hu hu hu.
Le maquilleur finit en me mettant le fond de teint avec un
pistolet à fond de teint. Un truc de fou. Ca fait le teint tout velouté, tout mat, et en même temps super naturel. Pas besoin de poudre derrière, c'est nickel. Je couine en disant que je veux le même.
15h15 : Changement de siège, bonjour madame la coiffeuse. Je suis juste à coté de Nathalie. Hu hu hu !
La coiffeuse souhaite que je garde les cheveux lachés car elles trouvent qu'ils sont beaux. Hu hu hu. Je lui explique qu'il va falloir les mettre en forme car je n'ai pas eu le temps de mettre la main sur un sèche cheveux ce matin, ils sont séchés "sur la bête",. Nathalie se marre en entendant mon expression raffinée. Je vois bien qu'elle se tâte à me proposer de devenir chroniqueuse tellement je suis drole.
Après quelques autres compliments sur mes cheveux ( la couleur qui est si naturelle, comme ils se mettent bien en forme, hu hu hu), elle se met au travail.
Sous le bruit du séchoir, j'entends vaguement la conversation entre Nathalie, sa maquilleuse et ma coiffeuse. Il est question de "cette folle de Daphné", "elle nous avait déguisé en cacaphile et cacaphobe".
"Vous devez nous prendre pour des fous" me dit la coiffeuse. "Non, non, je réponds, avec le séchoir, j'ai juste entendu
"fistule"." Tout est normal, donc.
La coiffeuse habite pas loin de chez moi. On est tellement complices qu'elle va bientot me proposer de passer chez moi tous les matins pour me coiffer avant d'aller au travail.
15h45 : Je suis objectivement canon. Bon canon avec 6 kgs de trop mais c'est vraiment moi en mieux. J'appelle l'Homme pour lui faire part de cet état de fait (et lui annoncer que Télémarket sera en avance, je reste une femme comme les autres, mouvement de mèche)
Après le placement du micro dans mon décolleté, je patiente avec l'expert et les deux autres témoins de l'émission. Le mot d'ordre : ne pas parler du sujet entre nous pour garder la spontanéité durant l'émission. Fa-ci-le. On papote de nos enfants, nos accouchement, et toutes les 5 minutes on s'arrête en nous demandant si on n'est pas en train de parler du sujet ...
J'ai une migraine qui monte, je chipe un doliprane à Jeanne, la gentille journaliste (merci merci). Un truc bizarre se passe, soudain tout le monde prend un doliprane. Jeanne se demande si elle ne va pas faire une note de frais.
16h : Devant la machine à café, Daphné et Nathalie nous font un petit résumé de l'émission, nous expliquent le déroulement. Thomas Chauvineau apparait soudain à coté de moi, je ne l'ai pas vu arriver, il doit avoir des supers pouvoirs.
Et hop, on va sur le plateau. Grosses choquottes. Hu hu hu. Je me retiens de dire le seul truc qui passe dans ma tête à ce moment là :
je suis dans la télé, je suis dans ma télé, j'ai passé de l'autre coté de l'écran.
On me fait asseoir sur mon siège, je pousse un cri : y a ma tête en énorme sur l'écran d'en face. Enfin je sais pas si l'écran est grossissant, mais j'ai l'air énorme là.
Une fourmillière vrombit autour de ma tête, on me remet une mèche, me tapote le nez.
Test du son. Avec les autres témoins, on se retrouve à répéter machinalement ce qu'a dit la précédente "J'ai un fils de 8 mois, il s'appelle Jules". Effarées, on se regarde. Je sais qu'elles pensent comme moi qu'on va vraiment avoir l'air stupides avec nos neurones oubliés devant la machine à café.
Nadia arrive à la bourre : Ah mais on m'avait pas prévenue, j'étais sur Facebook là et personne me prévient". Hu hu hu.
Et puis ça démarre. Ma migraine est toujours là.
Après l'intro de Daphné (elle interviewe son périnée), tout le plateau est hilare, mais personne n'a de fuites urinaires, car on est des pros du périnée, c'est le sujet de l'émission. Je suis certaine que je glousse niaisement, hu hu hu, et ça va se voir à l'écran.
Tout va très vite et très lentement à la fois. Les témoignages et discussions sont entrecoupés de petits reportages auxquels je ne comprends rien. La migraine enfle, et en entendant un des témoignages d'accouchement (supra) difficile, je me rappelle toutes les fois où j'ai fait des malaises en cours de bio car je ne supporte pas les détails sanglants. Il faut chaud et j'ai la migraine. Je ne tombe même pas dans les pommes, et soudain c'est à moi qu'on parle.
Je ne sais plus ce que j'ai raconté. Je me rappelle juste qu'à la question "mais ça sert à quoi de maitriser ces exercices finalement ?", j'ai répondu "Ah ben c'est comme de savoir faire bouger ses oreilles, c'est rigolo". Ahem. T'étais pas là pour raconter combien tu pensais que ça permettait à la femme de remaitriser son corps, de reprendre possession de celui-ci, mieux qu'un RV chez le coiffeur ? T'étais pas là pour dire que ça te paraissait être une méthode véritablement féministe, qui remettait la confiance dans le dedans de toi ?
Et puis au sujet des apports de la méthode sur la sexualité après l'accouchement, j'ai pensé "Ma Mémée va regarder l'émission. Ma Mémée va regarder l'émission."
Et soudain tout est fini. Les techniciens remballent. Daphné dit à Nadia que la bande annonce a déjà été tournée avec son périnée (seuls ceux qui regarderont comprendront).
Les témoins et l'expert font part à Jeanne la journaliste de leur désespoir de n'avoir pas su tout dire. Elle nous rassure. Elle est gentille Jeanne.
J'ai toujours la migraine, et je file rejoindre l'Homme qui me dit que je suis belle.
Et on va voir Thomas Dutronc en concert. Mais ceci est une autre histoire.
Si vous voulez me voir ridicule (mais belle), c'est donc lundi prochain à 8h55, sur France 5, dans les Maternelles au sujet du périnée. Pour ceux qui travaillent à cette heure là, ce sera diffusé en replay
sur le site.
PS : Bien sur, j'ai pris mon appareil, mais je n'ai fait aucune photo, même pas de ma tête, même pas du plateau. Je suis dé-ses-pé-ran-te (mais je sais faire bouger mes oreilles).
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