Putain d'hormones
>> mercredi 18 mai 2011
I. Nous sommes dans la cuisine, l'Homme met un truc dans l'évier, et j'explose que bon sang, c'est pas vrai qu'il foute le bordel dans MA cuisine, sors immédiatement, je me débrouille seule, punaise, quel bordel, y en a marre.
Quand je suis calmée, la cuisine rangée, lavée, briquée, et que je me sens lamentable, car même Progéniture sait que la cuisine, c'est plus son lieu que le mien, avant que je ne m'excuse, il me dit qu'il a retrouvé les photos que je cherche depuis hier dans l'ordinateur pour illustrer un article du blog. Je pleure.
II. Le matin, en phase pénible, Progéniture exige "Viveuvent, viveuvent d'hiverrr", je sors le CD de comptines, cale sur "Vive le vent", et d'une oreille discrète distraite, j'entends la chanson suivante démarrer. "Auprès de ma blonde". Ma tartine de gelée de groseilles à la main, je pleure.
III. Trois semaines que je cherche ma veste d'été adorée en jersey gris, celle que l'Homme déteste. Il jette un œil dans la penderie, enfonce le bras et ressors un cintre, tiens la voilà. Dans ses bras, je pleure.
IV. Hilare, j'appelle l'Homme. Tu ne devineras jamais ce que je viens de voir, c'est vraiment drôle. Notre ancien président, en plein centre, tous les touristes au ralenti, le regard tourné vers lui. Lui, bloqué devant le stand d'une boutique à tours eiffels, admirant les bérets cheap, au grand dam de ses deux sbires. Tu te rends compte, il avait l'air si vieux, si diminué, bon sang, quel choc de le voir en vieillard. C'est triste en fait non ? Je pleure.
V. Dans le métro, je m'assieds à coté d'une femme. Elle tripote son portable qui émet des bips chaque fois qu'elle effleure une touche.
Elle m'énerve.
Jupe longue, manteau ample, cheveux noir de jais, très longs, plus gras que ce que la "Parisienne" considère admissible. 'Tain si ça se trouve, elle va me baragouiner "Do you speak English ?" en tendant la main, façon esplanade devant la Gare du Nord.
Elle m'énerve.
Elle se tourne vers moi, et me tend son portable. Elle me demande -dans un assez mauvais anglais pour que je le comprenne- si les messages qu'elle a reçus sont de ses amis, car elle ne sait pas lire le français. Tous sont émis par son fournisseur de téléphone, je lui explique combien il lui reste, combien elle a consommé, elle est rassurée.
Elle téléphone à quelqu'un, je sors mon tricot. Elle me demande anxieuse si on est à République, me dit que mon ouvrage est joli, qu'elle savait tricoter quand elle était petite, mais qu'elle a oublié.
Que là, elle a rendez vous, qu'hier elle n'a pas pu y aller parce qu'elle a fait un malaise dans le métro, il fait trop chaud dans le métro, et elle était si fatiguée, qu'elle a été emmené à l'hôpital par les pompiers, c'est pas pratique avec les enfants, elle en a deux. Elle a une hépatite C, c'est pour ça qu'elle a été mal hier, c'est pas pratique pour le travail, on est à République là ? Non, bientôt, je vous dirai dont' worry.
Elle s'en va en me disant trois fois Good luck, Thank you, Good luck et en joignant les mains.
J'ai les larmes aux yeux, et quand je sors du métro, je pleure.
Putain d'hormones, foutez moi la paix.
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