Mission d'infiltration chez les bécassiers. (2/3)

>> mercredi 20 juin 2012

Je sais je sais, le précédent post était numéroté 1/2. Sauf que ...

Sauf que j'ai regardé mes photos, et je ne peux pas tout raconter en un post.

Rien que la boutique en vaut un.

Parce qu'il y avait une boutique, mais c'était pas un Sephora en fait.

De dos, l'Homme, en version "retour au bercail".

Bon, j'ai pas tout pris en photo, y avait du T Shirt animalier, de la casquette à logo et du porte clé de haut niveau. D'ailleurs, le porte clé de l'Homme provient de là (mais je le vis bien, merci).

Mais voici les trucs les plus ... , les plus ... , les plus Bécasse !


On va commencer par le classique puzzle à motif adapté aux intérêts des membres ...



La boucle de ceinture qui m'a fait penser que les fans de Johnny devaient aussi avoir la leur (oui, quand je vois une boucle de ceinture kitsch, je pense aux fans de Johnny).



LE bidule qui m'a fait pousser des petits cris d'excitation :


Tu vois les cahiers "Le journal de ma grossesse", où tu recenses les vomissements du premier trimestre, les flatulences du deuxième, les impressions après ta première écho, les remarques -forcément- affreuses de ta belle mère ?

Et ben là, c'est pareil, version chasseur.


Attends, tu vois pas bien ? Je te zoome.

Clique dessus si tu veux lire.

C'est trop cooooool ! Je veux le même version Tricot !


Et enfin, le truc le plus intrigant de la boutique :


Là, j'ai pensé faire un concours de devinettes, où celui qui trouverait ce que c'est gagnerait un porte clé bécasse, mais j'ai la flemme.


Il s'agit donc d'un pied de lampe en résine dans lequel sont coulées des plumes de bécasses. Mais pas n'importe lesquelles : des plumes du peintre.

Nan mais je te disais que la bécasse, c'est un mythe et tu m'as pas crue (avoue, tu m'as pas crue !!). Mais même leurs plumes font l'objet d'un culte. La plume du peintre c'est une plume minuscule au bout de l'aile. les chasseurs les collectionnent et les plus forcenés en font des tableaux de chasse pour rendre hommage à leur chien. On ne rigole pas, Joli Papa fait des tableaux à la gloire de ses chiens.

Donc là, tu peux venir avec ton lot de plumes et te faire couler un pied de lampe. Nan mais le pied de lampe en plume, c'est énoooorme non ?

Je veux la même avec mes chutes de laine !!!


Enfin, parce que je n'ai pas fait que glousser comme une connasse de greluche parisienne, je vous présente un artiste qui était présent sur le salon et qui m'a vraiment plu : l'aquarelliste Jean François Lasnier.

Au milieu des tripotées de portraits d'oiseaux et de chiens, ses paysages de forêts landaises ont attiré mon regard.


Celui-ci, j'ai failli l'acheter,
mais le prix et le trajet en train m'ont refroidie.


N'hésitez pas à voir son site, ses paysages sont vraiment beaux.


La suite au prochain épisode !

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Mission d'infiltration chez les bécassiers. (1/2)

>> vendredi 15 juin 2012


Aaaaaaaaaaaaaaah mais j't'ai pas raconté ! Le truc de fooooooooooooouuuuuuuuu !

J'ai assisté (et même participé) au Congrès annuel des bécassiers. C'était fooooooooooooooooouuuuuuuu !

♫ Petite introduction culturelle ♫

Le bécassier est le chasseur de bécasse. Et la bécasse aime à appliquer du vernis rose pouffe sur ses ongles les soirs de pleine lune est un oiseau migrateur avec un bec long comme des aiguilles à tricoter.

Le bécassier, c'est un peu l'élite du chasseur (d'ailleurs historiquement, c'est aussi le haut du panier socialement. Paye tes notaires, tes pharmaciens et toute la panoplie des professions libérales).

La bécasse fait l'objet d'un véritable culte auprès du bécassier : il lui donne un petit nom -la mordorée- quand il se sent pouète, il suit de super près sa migration en temps réel quand il se sent scientifique (ces dingues tiennent un site où les chasseurs, à peine rentrés de la chasse, renseignent ce qu'ils ont vu, où, comment, etc. A quand l'application sur Iphone, bordel ?).
Les voyants en sont restés au marc de café, mais le bécassier, lui, est lecteurs d'ailes, ce qui me parait être le comble de la pouésie là aussi (car les ailes de la bécasse, c'est sa carte d'identité, sache-le).

Et la nuit, il brave le froid et la pluie pour la retrouver, afin de la baguer.

En mode grand froid pour baguer la bécasse
Je ne voudrais pas te faire croire des trucs, j'ai participé qu'une seule fois à un baguage. En revenant, j'ai dit à l'Homme "Plus jamais ça".
Nan mais faut pas déconner, sortir de nuit, au moment où ça pèle le plus, quand ça bruine, pour se balader dans un endroit désert avec des lampes torches et une épuisette géante dans l'espoir de choper une poule au bec hypertrophié.
Et tout ça pour quoi ??!? La peser, regarder si elle a pas déjà une bague, lui en enfiler une, tout noter dans un carnet et la relâcher, tout ça sans même la plumer pour m'en faire un boa ! Ben merde alors !

Mais je m'égare.

♫ Fin de l'introduction culturelle ♫

Il se trouve que Grangousier, le papa de l'Homme (et donc, pour ceux qui ne suivent pas, mon beau-père) est une des huiles du Club National des Bécassiers (on ne rigole pas, il lit parfois ces pages, merci).
Et il organisait cette année le congrès annuel, chez lui.

Alors on a largué les mômes chez mes parents et on a rappliqué pour participer à l'organisation du truc.

J'étais hyper motivée pour plusieurs raisons :

1. Je ne refuse aucun prétexte pour refourguer mes filles à autrui.
2. J'aime bien me retrouver dans un environnement inconnu voire bizarre. Par exemple, j'adoooore les concerts de punk qui sont l'occasion de procéder à une véritable analyse anthropologique.
3. Je pressentais que ça ferait un putain de bon billet de blog.

Et je n'avais pas tort ...

(la suite bientôt)


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J'ai trouvé plus chieuse que moi !

>> mercredi 6 juin 2012

Il y a quelques trucs dans lesquels je suis assez douée. Le tricot par exemple, ou bien parler de mes nichons.

Mais tu ne connais pas encore ma passion pour les lettres de réclamation. J'en fais rarement, mais je pense que mon agence du Crédit Lyonnais se souvient encore de ma réclamation de début 2007. En tout cas moi oui, alors laisse moi me bercer d'illusions quant à mon talent.

Et bien l'Homme vient de me faire découvrir LE blog des lettres de réclamations totalement crétines et drolatiques (et tu sais combien j'aime les choses crétines et drolatiques) : Lettres de requête




Scarlett, l'auteur du blog et de toutes ces lettres de réclamation, a manifestement une dent contre Bonduelle et ses haricots verts mal rangés dans la boîte. Mais ma lettre préférée concerne les préservatifs "Durex Orgasmic" qui ne donnent pas d'orgasme. Scarlett précise d'ailleurs le préjudice subi dans sa lettre de réclamation

J’ai vu dans le regard de chacun de mes partenaires qu’ils ont été déçus, constatant que je n’avais pas orgasmé. J’approche de la trentaine, je ne suis pas mariée et vous me rendez la tâche encore plus difficile !
Les services clients répondent de manière standard, ce qui donne lieu à des échanges ubuesques.
Ainsi Durex supplie-t-il presque sa cliente anorgasmique :
Nous vous prions de ne pas envoyer de préservatifs ouverts ou usagés.

Moi ça m'a fait mourir de rire.

N'hésite pas à prendre un peu de temps pour lire les commentaires, les réponses de Scarlette sont désopilantes (notamment sous le post des Mr Freeze).

Bref, Scarlett, je suis prête à tout pour te rencontrer. Je peux même te montrer mes lettres de réclamations. C'est où tu veux, quand tu veux. J'te kiffe, bisous.

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Les Tellectuelle en vacances au Clos de la Garenne

>> jeudi 31 mai 2012

Pour ce pont de Mai en famille, j'avais une seule exigence : partir ailleurs.

Le "ailleurs" s'est retrouvé à Puyravault, me demande pas pourquoi. Un de ces hasards bizarres quand tu fais une recherche sur Internet, et au bout de tas de clic, tu te retrouves sur le site d'une chambre d'hôtes qui te tape dans l’œil.

Nous qui sommes habitués à faire des tableurs Excel multicritères pondérés afin de choisir un hôtel pour une nuit, là, on s'est dit "Banco".


A vrai dire, j'ai un peu honte mais c'est cette photo-là qui m'a persuadée :

© Le Clos de la Garenne
(L'espoir d'avoir quelques minutes de paix, peut-être.)


Alors on a envoyé un mail, reçu une réponse super rapide super gentille, et après, on a regardé où c'était.

Eh bien, je vais t'apprendre un truc, Puyravault c'est entre La Rochelle et Niort.

T'es bien avancé hein ? Bon je vais pas faire ma maline. Il y a un mois dans ma tête :
  • La Rochelle = grosse ville au bord de l'océan avant Bordeaux,
  • Niort = rien.
Puyravault, c'est par là.



Eh bien, en fait, entre les deux, y a le marais poitevin !!! Et le marais poitevin, c'est la vie !

Bon je t'en causerais un autre jour (j'y ai trouvé la maison de mes rêves, j'ai même envisagé de déménager à Niort -nan mais t'imagines un peu l'envoutement ??? Niort quoi !-, jusqu'à ce que je comprenne que pour y accéder il fallait y aller en barque).

Là, je veux te causer de la chambre d’hôtes.

Le Clos de la Garenne, ça s'appelle. Confond pas avec l’hôtel qui est en Lorraine et qui s'appelle pareil (c'est d'ailleurs en faisant une recherche sur lui qu'on est tombés dans le marais. Plouf.).

Je voulais tester le concept de la chambre et de la table d’hôtes mais tu me connais, je suis rien qu'une connasse froide et distante qui n'aime pas trop trop causer aux inconnus, alors j'appréhendais un peu.

Dès l'arrivée, on a été charmés.

A ce stade du récit, me voilà obligée d'expliquer que la seule photo qu'on ait prise de la chambre d'hôte est celle-ci :
C'est choli quand même non ?

Bon, on est pas totalement hors-sujet, j'aurais aussi pu prendre une poignée de porte à la place, ça m'est déjà arrivé.

M'enfin, je vais illustrer à partir des photos du site, et parler avec les mains de façon expressive, comme ça tu comprendras tout quand même.

Déjà, direct, on a vu les moutons (un taaaaas de moutons) les ânes (deux ânes) et la basse-cour (pleeeeeeiiiiiiiiiiin de poulets !). Gros gros bonus auprès des parisiens, je te le dis.

© Le Clos de la Garenne

 Ah tiens, je viens de retrouver une photo issue du portable de l'Homme (la deuxième et dernière photo prise sur place donc) :
On a bien aimé les ânes je crois.

Le jardin n'est pas un jardin, c'est un parc. De l'espace, du vert, du calme. On entendait les oiseaux, je te jure, j'ai failli en faire une crise de tachycardie.

© Le Clos de la Garenne

Une balançoire, un tourniquet, un filet de volley. Des ballons, des transats, des boules de pétanque en libre service.

Ambiance de maison de famille.

La maison est meublée de meubles chinés ou de famille. Ambiance XVIIIe dans le salon, XVIIe dans la salle à manger (comme les murs des pièces,  d'ailleurs, car la maison a grandi au fil des siècles).

Au petit dej', plateau tournant avec une dizaine de confitures maison, comme chez ma Mémée, mais avec encore plus de goûts différents. Et des œufs à la coque du jardin. Et sache le, mais l’œuf frais, à la coque, pour moi, c'est vraiment le luxe et le bonheur à l'état pur.

Et puis le soir, repas avec les hôtes, Brigitte et Patrick. Eh bien, hôte c'est un métier, et ils le maitrisent à la perfection. On a papoté tout le repas, de tout et de rien, de l'histoire du lieu, de leur histoire personnelle, comment ils sont arrivés à Puyravault avec ce projet un peu fou (à l'époque, c'était pas la grande grande mode des chambres d’hôtes cosy comme aujourd'hui). Je ne sais plus bien de quoi on a parlé, mais c'était vraiment agréable et intéressant.

Franchement, je me suis rarement sentie aussi bien accueillie, avec nos deux enfants en bas âge. Ah oui, parce que tout était prévu, et pas que dans la chambre. Dans le joli salon XVIIIe, par exemple, il y avait des Kapla, des livres, des jeux de société.


Pour finir, et pour montrer la sérénité des lieux, le lieu est décrit abondamment dans ce joli livre de voyage : Go Slow France, qui recense les lieux où prendre son temps. Une certaine idée de l'art de vivre.



Pour en savoir plus :
    Le Clos de la Garenne
    Brigitte et Patrick FRANÇOIS 
    9, rue de la Garenne  
    17700  PUYRAVAULT 
    05 46 35 47 71 

    http://www.closdelagarenne.com/

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Bâtiment, de Leandro Erlich, au 104

>> lundi 28 mai 2012

Ce WE, nous avons profité du passage à Paris du Beauf et de sa Douce pour nous balader au 104.

Le délégataire a changé depuis notre dernier passage où j'avais découvert une halle immense, vide, sans rien. Sensation bizarre à l'époque.

Ce WE, rien de tel : nous allions voir l'installation de Leandro Erlich : Bâtiment.


Eh bien, je vous recommande, pour 2€ par personne, on s'est bien marrés.



Après cette mise en bouche, on a testé un tas de positions pour voir l'effet que ça faisait (comme dans une partouze donc).

L'Homme se sert de sa fille comme d'un balancier ...

 Ce qui devait arriver arriva, il la lâche !!!



Les meilleurs actrices du monde, c'est Progé et moi. (Par contre, le Beauf a raison de ne pas devenir cadreur ...)


 Nan mais quelle actrice ma fille !

 Le Beauf et la Douce, le jour où vous aurez des enfants, faites gaffe, je me vengerais !!


 Il parait que c'est une technique utilisée couramment au cinéma. D'ailleurs on a croisé SpiderProgé :




Sinon, au 104, on trouve aussi ...

... des danseurs qui s'entrainent et qui se lancent des défis, pour le plus grand plaisir des badauds ...

...une cabane pour échanger des livres, en libre accès ... (Ça va plaire à Ilse)

... des canapés avec des jeux où tu tires des mots au hasard pour créer des phrases philosophiques (ou crétines) ...

... de grands élastiques colorés en arc-en-ciel ...

 ... des collages bizarroïdes sur les murs du café ...

 ... un labyrinthe en carton.



Bref, une sortie sympa.
Un de ces quatre, on testera la Maison des Petits, ça a l'air chouette aussi.

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Ce n'est qu'un au revoir !

>> jeudi 24 mai 2012

Pendant de longs mois, je vous ai voulu les plus longs possibles alors je vous ai chouchoutés.

Je vous rêvais doux, brillants, forts, je vous ai donc choyés, bichonnés.

Masques nourrissants, shampoings sans silicones, rien n'était trop beau pour vous.

Brosse en poil de sanglier pour éviter l'électricité statique, séchage à la serviette en coton bio.

Vous n'avez quasiment jamais vu un séchoir car je voulais vous préserver au maximum.

J'ai fui les lisseurs, les boucleurs, la laque.


Aujourd'hui, je vous demande pardon car j'ai failli.



Le beau temps a eu raison de vous, j'ai cédé à l'appel du fourbe épilateur électrique.




Mes poils.


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Héritage

>> lundi 14 mai 2012

Ma Mémée me dit souvent combien mon couple lui fait penser au sien. Rien ne saurait me faire plus plaisir, mes grands parents sont pour moi un des exemples de couples "à suivre".

J'avais le choix entre ça et des images de couples enlacés devant le sommeil couchant.
Merci Google Image.


Lorsque Pépé est tombé gravement malade, c'est elle qui a repris la gestion des comptes, de l'administratif, de la paperasse. Choses auxquelles elle n'avait pas touché pendant plus de 60 ans, son mari prenant complètement à sa charge cet aspect là de leur couple.

Je me souviens de sa surprise, quand elle a découvert que tout n'était pas géré d'aussi près qu'elle le pensait. Une sorte de deuil du mari idéal s'était opéré, sans rien entamer à l'amour je crois.


Depuis 5 jours, l'Homme a le tendon d'Achille tout fragile. Le voilà réduit au repos, contraint de minimiser ses déplacements. Je reprends donc quelques-une de ses activités habituelles, dont ... la cuisine.

Je n'ai pu m'empêcher de penser à Pépé et Mémée, quand j'ai découvert, dans le placard à épices, 3 pots de cumin, 2 d'estragon et 2 autres de thym.

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Le doudoulou (le retour du tricot)

>> dimanche 13 mai 2012

Voilà des plombes que j'ai pas posté de (vrai) tricot. J'ai calculé, j'en suis à 5 mois de retard, au moins 3 ouvrages à montrer, mais trouver le temps de faire des photos, de recadrer, traiter. Et puis il faut que le machin soit propre, en forme, alors qu'ils vivent ces tricots. Pffffff.

Bon, je ne vais pas te mentir, j'ai aussi des photos qui moisissent dans un fond de dossier depuis 4 mois.


Et cette baisse de motivation blogo-tricotesque se ressent dans mon rythme de tricot. Comme si les photos en déshérence pesaient et m'empêchaient d'avancer les projets suivants. Ou alors c'est ma grande résolution de ne plus acheter de laine avant d'avoir terminé TOUS mes en-cours qui me tue la créativité.

BREF. En attendant que le mojo du tricot me reprenne, voilà ces fichues photo.



.     Né en décembre, un pti chou,
.     Terminé dans le métro, son doudoulou.





J'ai bien aimé les "rustines" qui cassent un peu les rayures très présentes.

Laine Idéal Bergère de France




 

Modèle issu du livre Doudous Animaux,
Phildar, Éditions Marie Claire.

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Le harcèlement sexuel, ça n'existe plus ?

>> vendredi 4 mai 2012

Depuis vendredi, la loi sur le harcèlement sexuel est abrogée par le Conseil Constitutionnel (cliquez pour trouver la décision ici). Le délit pénal de harcèlement sexuel n'existe plus.


En découvrant cette info, j'ai commencé par gueuler devant mon écran, en essayant de mesurer les conséquences d'une telle décision. Je suis vite arrivée à des interrogations sans réponses.
En discutant sur Facebook, sur le mur de Princesse Soso, j'ai rencontré Clémence, juriste et je lui ai alors posé quelques un tas de questions. Ses réponses et commentaires sont en bleu.


Clémence, tu es juriste. Mais un juriste de quelle race ? (yorkshire ? doberman ? chinchilla ?)

Je suis juriste  spécialisée en droit sanitaire et social. En pratique, ça veut dire que je traite des questions relatives au droit du travail, aux chômeurs, aux étrangers, aux personnes âgées, aux personnes handicapées, etc. Dans ma formation, j'ai aussi eu de la sociologie et de la science politique et, comme tout juriste, du droit pénal



La loi sur le harcèlement sexuel est abrogée. Pourquoi ?

(là, c'est bibi qui te fait l'intro) 
 Le délit était considéré comme étant insuffisamment décrit. On ne pouvait caractériser le harcèlement sexuel. Ce qui est intéressant c'est que cette imprécision était considérée comme grave par les victimes et par les accusés car le flou entraine toutes les interprétations possibles.
Les accusés de harcèlement craignent les condamnations abusives et les victimes considèrent que les juges interprètent de façon très restrictive cette loi.

D'ailleurs, en 2009, Danielle Bousquet, députée des Cotes d’Armor proposait que les définitions du harcèlement sexuel soient harmonisées et réécrites, conformément au droit européen (ici). Sans succès.

Bref, la loi "méconnait le principe de légalité des délits et des peines et doit être déclarée contraire à la Constitution".


Comment ?

Tout citoyen peut saisir le Conseil Constitutionnel et lui demander de se prononcer sur la constitutionnalité d'une loi. (En réalité, ce n’est pas aussi simple : Il y a un mécanisme de filtrage) 
Ce qu'a fait Bernard Ducray, élu du Rhône, qui avait été jugé coupable de harcèlement sexuel.
Sentant le coup venir, une association de défense des femmes (l'AVFT) s'est jointe au dossier, afin d'éviter l'abrogation immédiate de la loi, et de la différer le temps que la rédaction d'une nouvelle loi soit faite. Raté.



Que se passe-t-il dans les faits pour les procédures en cours ? Et les personnes qui ont été jugées coupables auparavant ? Annule-t-on la décision ?

Cela dépend ce que l’on entend par coupable. Comme les juristes sont des êtres chiants, ils sont très attachés aux mots. La définition d’un terme pour l’opinion publique ne sera donc pas la même pour les professionnels du droit.

Pour les juristes, est coupable la personne qui est définitivement jugée (en simplifiant au maximum). On a d’ailleurs une formule spéciale : l’autorité de la chose jugée. Dès lors que c’est le cas, la décision ne sera pas annulée. Cela veut dire, pour les plus angoissés, que les personnes qui sont actuellement en prison pour des faits de harcèlement sexuel ne vont pas être libérées. 

En revanche, pour les personnes dont on parle comme étant coupables mais qui ne le sont pas juridiquement (à savoir, ce que tu rappelles, quand une procédure est en cours : On peut très bien avoir été déclaré coupable par un tribunal et faire appel. Dans ce cas, la culpabilité n’est pas définitive, car soumise à une autre décision judiciaire), c’est plus compliqué. Comme le juge constitutionnel a énoncé que « l'abrogation de l'article 222-33 du code pénal prend effet à compter de la publication de la présente décision ; qu'elle est applicable à toutes les affaires non jugées définitivement à cette date », cela signifie qu’il remet en cause les procédures actuellement devant les tribunaux.

Et là… C’est extrêmement problématique. Les procédures engagées n’ont plus de base juridique, on ne peut plus les conduire. Elles reposent sur quelque chose qui n’existe plus, sauf dans le cas que nous allons voir et spécifique au droit du travail.


Mais ça veut dire que je peux mettre des mains aux fesses au travail en toute impunité ?

Et non. Certains seront déçus, mais le harcèlement sexuel existe toujours en réalité. On a souvent tendance à croire qu’une disposition ne se trouve qu’à un seul endroit, un seul Code, dans une seule loi. Ce n’est pas le cas. Les mauvaises langues diront que les répétitions sont dues à l’absence de mémoire du législateur, les plus bienveillants parleront de sécurité juridique.

Quoiqu’il en soit, dans le cadre des relations de travail, on retrouve la règle de l’interdiction du harcèlement sexuel. Ainsi, l’article L 1153-1 du Code du travail dispose que « Les agissements de harcèlement de toute personne dans le but d'obtenir des faveurs de nature sexuelle à son profit ou au profit d'un tiers sont interdits. »
 On peut d’ailleurs noter que la formulation est très proche de celle que le Conseil constitutionnel vient de censurer (comprendre par ici que le législateur va devoir remuer ses petites fesses pour reformuler également les dispositions présentes dans le Code du travail). La seule différence vient du fait que l’on interdit les faits de harcèlement pour soi-même ou au profit d’autrui.

Donc… Si on veut être pervers, on peut très bien imaginer qu’au sein d’une entreprise, une personne A en harcèle une autre B, au profit d’une personne C qui elle, pourra être extérieure à l’entreprise. Dans ce cas, il serait intéressant de voir si on ne peut pas contourner la décision du Conseil constitutionnel. Mais à vrai dire, ce n’est qu’une idée presque « comme ça ». Il serait intéressant de creuser, même si je doute de sa faisabilité. 


Nan mais c'est quoi un délit pénal en fait ??

Plutôt que de parler de délit pénal, on va décomposer : Tout d’abord, il convient de relever qu’en matière de droit pénal, il existe trois catégories d’infractions : Contraventions, délits et crimes (classées par ordre de gravité).

En fait, si on veut simplifier à l’extrême, quand on se demande si quelque chose relève du droit pénal, il faut se demander si une peine est encourue. Cette peine passe par une amende et/ou l’emprisonnement. En droit civil, on ne parlera pas d’amende mais de dommages et intérêts. 

Une fois que l’on est dedans le milieu du droit, c’est très simple (si si, je le jure). Mais on peut toujours un peu compliquer les choses, ce qui me permet de rappeler que toutes les infractions pénales (ou délit pénal si l’on souhaite recentrer encore plus) ne sont pas dans le Code Pénal. Code du travail, Code de la route, Code de la propriété intellectuelle comportent des dispositions pénales.
Oui, le juriste est chieur. 

Harcèlement sexuel et harcèlement moral, y a une différence dans les codes ?

Non, la différence ne se situe pas dans les codes. Le Code Pénal, pour parler du harcèlement moral, le définit comme « Le fait de harceler autrui par des agissements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail (…) ». Ce qui est très intéressant est dans le passage « conditions de travail ». Il ne s’agit pas d’une infraction générale donc, mais là encore, subordonnée au cadre de l’entreprise.
Il faut revenir à l’origine : En 2002, on crée l’infraction de harcèlement moral parce que l’on modifie la rédaction de ce qui est constitutif du délit de harcèlement sexuel. Et c’est bien là que se trouve la différence entre les deux formes visées de harcèlement.
Si l’on compare, le harcèlement sexuel est « le fait de harceler » alors que, pour le harcèlement moral, on désigne « le fait de harceler par des agissements répétés ». On parle, dans ce dernier cas, d’infraction d’habitude (car la répétition est nécessaire). Jusqu’à présent, la Chambre criminelle de la Cour de cassation ne s’était pas prononcée sur la portée de cette différence de rédaction (chose qu’elle ne fera jamais en raison de l’abrogation). 


En conclusion, c'est la cata ?

Oui… et non.

Non, parce que cela va conduire le législateur à prendre ses responsabilités, c’est-à-dire écrire un texte plus précis, qui devra répondre aux attentes et critiques prononcées depuis maintenant plus de dix ans (voire 20 ans si on prend en compte la première disposition législative parlant de harcèlement sexuel). La rédaction du Code Pénal était tellement floue que de nombreuses questions subsistaient (notamment celles relatives à la drague, qui pouvait être qualifiée d'harcèlement sexuel).

Oui, parce que le Conseil constitutionnel aurait pu faire autrement. Il le sous-entend d’ailleurs dans sa décision, puisqu’il rappelle qu’il a le « pouvoir tant de fixer la date de l'abrogation et reporter dans le temps ses effets ». Donc, s’il avait voulu, il aurait pu très bien dire que l’article contesté ne serait supprimé qu’à compter du 6 juin (par exemple, je prends une date totalement au hasard). Je ne sais ce qui a motivé les juges constitutionnels, mais l’on va entendre de fortes critiques à leur encontre.
De plus, il semblerait qu’il y ait un conflit d’intérêt : Le demandeur (c’est-à-dire la personne à l’origine de la QPC, Gérard Ducray) connaissait un des membres du Conseil constitutionnel qui a participé à l’élaboration de la décision (Jacques Barrot). Si tel est le cas, cela ne remettra pas en cause la décision dans son aspect juridique, mais dans son aspect « moral », elle sera encore critiquée. 

Enfin, dernier point, on peut relever que le Conseil constitutionnel s’était déjà prononcé sur le harcèlement moral, car la formule « agissements répétés » témoigne elle aussi d’une imprécision. Pourtant, dans ce cas, il n’y a pas vu d’entame au principe de la légalité des délits et des peines. Beaucoup de questions subsistent donc ce qui a animé le Conseil constitutionnel. Si parfois, son action est remarquable (notamment pour la garde à vue), là, il a vraiment merdé.



Un immense merci à Clémence que j'ai été chercher sur Facebook et qui a super gentiment et hyper rapidement répondu à mes questions, alors qu'elle ne me connait ni d'Eve ni d'Adam.



Quelques articles sur le sujet :


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La triche au tricot

>> mardi 1 mai 2012

Je suis inscrite sur Ravelry, le Facebook  des tricoteurs.

Ça me sert surtout à lister mes tricots, pour garder la mémoire. Et puis, quand j'ai envie de perdre du temps, je fais des recherches de patrons. Et là, c'est un peu comme quand je jouais à lire des définitions dans l'encyclopédie en 5 volumes des parents : d'items en items, j'y passe des heures.

Pour continuer de perdre du temps, y a les forums. Titsev, qui est la tentation incarnée, m'a invitée à venir papoter sur le forum "Tricotons ensemble" , où tu peux retrouver des tas d'autres tarés qui tircotent le même truc que toi en même temps.

Comme ça, quand tu bloques sur un truc, les autres en sont au même point et peuvent te conseiller. C'est chouette.

C'est chouette, mais c'est le mal.

Parce que forcément, pour tricoter ensemble le même truc, faut d'abord se mettre d'accord sur le modèle. Et là, bingo ! c'est le temple de la tentation.

En ce moment, par exemple, ils tricotent ça :
Gilet Aidez. Patron ici.

Nan mais des torsades, un gilet, des croisillons fous, comment tu veux que je résiste ?

J'ai chouiné que j'avais déjà deux trucs en cours pour moi, un pour Progé, des milliards de pelotes en attentes, une liste de trucs à faire longue comme le bras, rien n'y faisait.
Titsev continuait de me tenter ingénument en me disant "J'hésite sur la couleur, aide moi ! -> je te balance le lien de milliards de laines trop jolies". (Je suis d'accord, des copines comme ça, c'est rien que des chiennes envoyées par Satan).

J'étais en train de sombrer (comprendre : j'hésitais entre une laine bleu canard et un rouge cerise) quand soudain (ressort dramatique) j'ai fait les courses chez Promod (paie ton ressort dramatique hein !).

Et je suis tombée sur le Aidez en bleu canard, tu le crois ça ??


 


OK le Aidez n'a pas de boutons, mais je voulais lui en mettre, il n'a pas de col V et les torsades sont pas exactement les mêmes. OK.
Mais moins de 20€, en méga soldes de chez magasin d'usine, de la laine dedans, des boutons en (faux) cuir tressé, j'ai pas résisté.

A chaque fois que je le mets, on me dit "Oh c'est toi qui l'a fait ? Il est beau !!".


Et puis, j'avoue, vous montrer un faux tricot le jour de la fête du vrai travail, j'ai pas résisté.







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